Blues of the vagabond

Pianocktail-Boris-Vian

– Le deve dispiacere, disse l’antiquario chinandosi per esaminare una venatura del legno.
Soffiò via qualche granello di polvere che offuscava lo splendore del mobile.
– Non credete che sarebbe meglio se lei guadagnasse dei soldi lavorando in modo da poterlo tenere?
Colin si ricordò dell’ufficio e del colpo di pistola del commesso e disse di no.
– Ma ci dovrà arrivare lo stesso, disse l’antiquario, quando non avrà più niente da vendere…
– Se le mie spese smettessero di aumentare… – disse Colin, e si corresse: – … se le mie spese non continuassero a crescere, riuscirei, vendendo le mie cose, ad avere abbastanza per vivere senza lavorare. Non vivere benissimo, ma vivere.
– A lei non piace lavorare? – disse l’antiquario.
– È terribile, disse Colin. – Degrada l’uomo al livello della macchina.
– E le sue spese continuano a crescere? – disse l’antiquario.
– I fiori costano molto cari, disse Colin – e la vita in montagna pure…
– Ma se guarisse? –  disse l’antiquario.
– Oh! –  disse Colin.
Sorrise felice.
– Sarebbe meraviglioso! –  mormorò.
– A ogni modo, non è del tutto impossibile, disse l’antiquario.
– No di certo! – disse Colin.
– Ma ci vuole tempo, disse l’antiquario.
– Sì, disse Colin – e il sole se ne va…
– Quello può anche tornare, disse l’antiquario, incoraggiante.
– Non credo, disse Colin. – È una cosa che accade nel profondo.
Si fece silenzio.

Boris Vian, La schiuma dei giorni (41)

– Ça doit vous faire de la peine, dit l’antiquitaire en se penchant pour examiner un petit dessin du bois.
Il souffla sur quelques grains de poussière qui ternissaient l’éclat du meuble.
– Vous ne préféreriez pas gagner de l’argent par votre travail et pouvoir le conserver?
Colin se rappela le bureau du directeur et le coup de pistolet de l’huissier et il dit non.
– Vous y viendrez tout de même, dit l’antiquitaire, quand vous n’aurez plus rien à vendre…
– Si mes frais s’arrêtaient d’augmenter…, dit Colin, et il sereprit:… si mes frais cessaient de croître, j’aurais assez, en vendant mes choses, pour vivre sans travailler. Vivre pas très bien, mais vivre”.
– Vous n’aimez pas le travail? dit l’antiquitaire.
– C’est horrible, dit Colin. Ça rabaisse l’homme au rang de la machine.
– Et vos frais ne cessent de croître ? demanda l’antiquitaire.
– Les fleurs coûtent très cher, dit Colin, et la vie à la montagne aussi…
– Mais, si elle guérissait ? dit l’antiquitaire.
– Oh ! – dit Colin.
Il eut un sourire heureux.
– Ce serait si merveilleux ! – murmura-t-il.
– Ce n’est pas entièrement impossible, tout de même, dit l’antiquitaire.
– Non ! Bien sûr! – dit Colin.
– Mais il faut du temps, dit l’antiquitaire.
– Oui, dit Colin, et le soleil s’en va…
– Cela peut revenir, dit l’antiquitaire, encourageant.
– Je ne crois pas, dit Colin. – Ça se passe en profondeur.
Il y eut un silence.

Boris Vian, L’écume des Jours (XLI)

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